Qu’est-ce que la stratégie spatiale de l’OTAN?

Par: Monique Menard | 2020-03-05

Lors de la conférence des ministres des affaires étrangères, l’OTAN veut également déclarer l’espace comme zone militaire. L’Alliance s’inquiète de la vulnérabilité des infrastructures satellitaires, car il est actuellement peu probable qu’une protection contre les attaques dans l’espace soit possible.

Si les événements suivent le scénario de l’OTAN, l’espace pourrait devenir un théâtre de guerre dans le futur. Les plans des ministres de la défense de l’OTAN sont apparus dès le mois de juin, lorsque la stratégie spatiale a été adoptée pour la première fois. Il envisage de préserver la supériorité technologique de l’OTAN par rapport à d’autres pays, comme la Chine, et de protéger les infrastructures en orbite.

Cela se justifie par le fait qu’il y a actuellement environ 2 000 satellites actifs dans l’espace, qui remplissent entre autres d’importantes tâches militaires. Ils sont indispensables pour la communication lors de missions militaires, en navigation ou comme systèmes d’alerte précoce pour les lancements de missiles. Ils fournissent également des cartes des zones de conflit. Par conséquent, les satellites sont susceptibles d’être la cible d’attaques hostiles dans les situations de conflit, ce qui pourrait également affecter la vie des civils, car les systèmes de paiement numérique ou les communications de transport seraient endommagés si les satellites étaient attaqués. C’est pourquoi l’OTAN veut protéger ces technologies importantes.

Les responsables de l’OTAN avertissent depuis longtemps que la Chine et la Russie ont testé avec succès la possibilité de détruire des satellites. En 1985, les États-Unis ont détruit le satellite de recherche américain avec une « fusée de combat ».

En 2007, la Chine a également démontré qu’elle pouvait utiliser des missiles provenant de la Terre pour détruire des satellites. En mars 2019, l’Inde a démontré des capacités comparables avec sa « Mission Shakti ». Il est actuellement peu probable que la protection contre de telles attaques soit possible, car la méthodologie n’a pas encore été testée.

Officiellement depuis juillet 2019, la France suit sa propre approche au sein de l’OTAN. À cette époque, la nation a annoncé la création d’un commandement spatial. Le pays veut « protéger activement ses satellites à l’avenir », a déclaré la présidente Emmanuelle Macron.

La secrétaire à la défense, Florence Parley, a annoncé le développement d’une arme laser. « Si nos satellites sont menacés, nous voulons éliminer les menaces des satellites de nos ennemis », a-t-elle déclaré.

Selon les informations des milieux gouvernementaux français, une « mitrailleuse » est également considérée comme un moyen de neutraliser les satellites attaquants. Les deux systèmes d’armes seraient montés sur de minuscules satellites qui patrouillent en orbite.

Cependant, les batailles au laser dans l’espace, telles qu’elles sont connues dans les films de science-fiction, sont peu probables dans un avenir proche, car l’OTAN ne veut pas utiliser d’armes d’attaque spatiale.

« Notre approche est totalement défensive », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN. Selon lui, « l’OTAN ne va pas lancer d’armes dans l’espace.

En fait, depuis le début du millénaire, l’alliance n’a même pas eu ses propres satellites. À l’heure actuelle, l’OTAN n’utilise que les technologies de ses pays membres. Par exemple, en 2009, la Bundeswehr a lancé COMSATBw, son premier satellite de communication. Il permet entre autres de passer des appels partout dans le monde. La société spatiale privée SpaceX lancera bientôt des satellites d’espionnage SARah pour la Bundeswehr.

À l’heure actuelle, la stratégie de l’OTAN est toujours conforme au traité de 1967, qui stipule que l’exploration spatiale doit être pacifique. Les États-Unis, la Russie, la Chine et la France ont également signé ce traité. L’article 4 interdit expressément le déploiement dans l’espace d’armes nucléaires ou d’armes de destruction massive de tout autre type ». Cependant, le déploiement de bases militaires et de fortifications, ainsi que les essais d’armes et les exercices militaires, sont également interdits sur la Lune et les autres corps célestes. Les armes conventionnelles placées sur des satellites ou des vaisseaux spatiaux ne sont pas interdites par le traité.

Autodéfense collective en cas d’attaques dans l’espace et/ou depuis l’espace

Les États-Unis sont un pionnier dans le domaine des armes spatiales. Début 2019, Donald Trump a proposé une nouvelle stratégie de défense antimissile. Ses principaux éléments sont des systèmes d’armes basés dans l’espace contre des missiles supersoniques particulièrement rapides développés par la Russie et la Chine. Il y a quelques mois à peine, Trump a également annoncé la formation d’un commandement militaire spatial. La « force spatiale américaine » sera la sixième armée américaine d’ici 2020. Cette force devrait regrouper toutes les activités spatiales de l’armée américaine et soutenir les missions sur Terre à l’aide de satellites et d’armes défensives.

Il n’est toujours pas clair si la nouvelle stratégie de l’OTAN servira de base à la légitime défense collective en cas d’attaques dans l’espace. Un tel cas est régi par l’article 5 du traité de l’OTAN et prévoit que les pays de l’OTAN s’entraident si une attaque armée se produit contre un ou plusieurs pays de l’OTAN en Europe ou en Amérique du Nord ». Selon cette formulation, la destruction d’un satellite dans l’espace n’en est pas la base.

Cependant, le traité fondamental de l’OTAN est resté pratiquement inchangé depuis 1949 et n’a pas été adapté à la technologie moderne des armes.

Le secrétaire général Stoltenberg a répondu de manière évasive à une question sur l’alliance:

« L’OTAN décide de l’assistance militaire sur une base individuelle », a-t-il déclaré, ajoutant que l’OTAN veut donner aux opposants potentiels l’occasion de clarifier le seuil d’application de l’article 5.

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